22/10/2008

Et vous, ça vous dirait d’être pucé ?

 

(Texte qui m'a été envoyé par Agnès Michaux, une maman d'élève de La Bruyère)

 


Voulons-nous d’un monde où chacun pourra être pisté, fiché via les objets qu’il achète ou porte sur lui ?


Depuis la rentrée scolaire, le conseil communal de La Bruyère a décidé d’équiper les cartables des élèves fréquentant la garderie de l’école d’un « badge » dans le but d’enregistrer les entrées et sorties des enfants dans la garderie pour facturer le service.
Il s’agit d’une puce de type « RFID » en ce sens qu’elle est munie d’un émetteur-récepteur capable d’entrer en communication à distance par ondes électromagnétiques avec un lecteur.
La puce « RFID », technologie banale en apparence, connaît actuellement un développement et une vulgarisation dans la vie quotidienne.

D’avancée en avancée, elle rentre dans la vie, le quotidien des gens sans que véritablement le grand public ne soit encore mis au courant.

En quelques années, elles ont fait leur apparition dans tous les secteurs économiques, industriels et commerciaux et poursuivent leur irrésistible ascension.

Faut-il s’en réjouir? S’en inquiéter ? A vous d’y songer !

Les partisans de ces puces ou ceux qui s’en soucient peu feront miroiter un argument récurent : si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi pas ?

D’aucuns estimeront que la finalité de l’utilisation des puces semble valable : gain de temps, sécurité accrue, surveillance, traçabilité…
D’autres considéreront que nous sommes déjà contrôlés en permanence : ce qui est exact. Mais on est “suivi”  si on le veut, et avec notre accord (implicite c’est vrai). Si je ne veux pas être repéré avec le téléphone, je l’éteins (ou je n’en achète pas), etc.. Quant au passeport, la carte d’identité, la carte bancaire, ça donne tout de même des informations relativement floue sur mon réel emploi du temps, sur mes agissements. Et chaque fois, c’est suite à une action de ma part (je donne mon passeport, je mets ma carte bancaire dans le distributeur, je passe un coup de fil etc…).
Le problème avec RFID, c’est que nous sommes traqués à notre insu ! Nous ne savons pas quand nous sommes détecté/analysé. Les “lecteurs” peuvent se trouver n’importe où et caché.
Ne vous laissez pas prendre au piège !

Piège lié à l’insignifiance des données : quelle importance, ces puces ne contiennent qu’un numéro?

Piège de la non-vigilance individuelle : avec les puces RFID, les données sont saisies à distance (sans « geste » particulier du porteur) et sans possibilité de stopper la communication (comme un GSM à l’état de veille). On est toujours activable.

On ne dit pas que le marché du RFID n’a qu’un fantasme, celui de vous épier, mais simplement qu’il y a un risque de susciter certaines convoitises, un risque qui repose sur la capacité de collecter subrepticement tout un ensemble de données sur une seule et même personne, de profiler celle-ci en surveillant ses comportements, déplacements, de connaître ses habitudes de consommation, etc.

L’utilisation de puces RFID est d’autant plus critiquable que les enfants s’habitueront, dès la maternelle, à être contrôlés de manière automatique et à leur insu, et ce, même sur le lieu d’apprentissage par excellence, l’école.

L’Ecole participe à la normalisation de ces techniques de surveillance et prépare les jeunes à un monde de contrôle permanent, de traçabilité totale des individus. Elle concourt à la mise en sommeil des consciences au lieu d’être un lieu privilégié d’exercice de l’esprit critique.

Et pourquoi pas l’implantation sous-cutanée ?
Jusqu’où voulez-vous aller ?

Véritable débat de société… Sans oublier une dimension fondamentale : l’intérêt des élèves, parents et équipes scolaires de préserver les relations humaines entre l’école et les familles.

Soyez attentifs, tenez-vous informés de l'évolution de cette nouvelle technologie afin de bénéficier de la meilleure protection possible.

Agnès Michaux

 

10:02 Écrit par Jean Louyest (un parent d' dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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