01/09/2008

Des puces électroniques sur les cartables… je préférais encore les poux à l’école.

 

Cette année, un système utilisant des puces électroniques est mis en place dans les écoles de La Bruyère pour comptabiliser le temps de garderie.

Chronologie :

Depuis que le temps de garderie est comptabilisé par quarts d’heure, le travail des gardiennes s’est considérablement alourdi. Le travail d’un mi-temps est nécessaire à la commune pour encoder tout cela pour la facturation. Une demande a été introduite à l’administration communale pour trouver une solution. Une réflexion est mise en place, une solution proposée : pendre un badge à puce (technologie RFID) au cartable des enfants. Ils doivent désormais passer près de l’accueillante avec leur cartable pour faire scanner leur badge avant de partir.
Du point de vue pénibilité du travail des accueillantes et de l’encodage des données, l’objectif semble atteint.

Alors, où sont les problèmes ?


Un problème éthique :
Certes cette solution est séduisante, très “In”, très “High Tech” et assez pratique mais elle constitue un pas trop enthousiaste dans une direction qui pourrait se révéler dangereuse à long terme.
Je ne doute pas un instant de la bonne volonté des décideurs qui ont cherché à améliorer une situation mais comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Il est donc nécessaire de faire attention où on met les pieds.
Nous vivons dans un monde de plus en plus global, où les informations circulent de plus en plus vite, où une décision prise à un endroit peut influencer de futures décisions.

L’effet pervers de cette décision est le suivant : habituer des enfants dès leur plus jeune âge, dans un cadre scolaire de surcroît, à la présence de “marquage électronique” mène à une banalisation de ce procédé à long terme. (C’est d’ailleurs la volonté de l’industrie électronique et numérique cfr Le Livre Bleu du Gixel paru en 2004)

Comme pour beaucoup de choses, l’utilisation de puces électroniques n’est pas dangereuse en soi : c’est l’utilisation qu’on peut en faire qui pourrait un jour menacer nos libertés individuelles. Aujourd’hui, si l’utilisation du procédé semble raisonnable, qu’en feront d’autres ?

Un problème de coût et d’efficacité :
10000€ pour installer le système à La Bruyère, amorti en un trimestre, dit-on sur le site de la commune. Quelle sera l’affectation du mi-temps épargné ?
2€ par puce en cas de perte (nous connaissons nos enfants).

Si la volonté est de conserver un mode de comptabilisation plus précise des heures de garderie, d’autres solutions au moins aussi efficaces et bien moins coûteuses existent.
Un exemple : l’utilisation d’un carnet à code-barres plastifié et un lecteur de codes-barres. l’impression et la plastification des codes-barres ne coûte que trois fois rien, et les lecteurs de codes-barres sont beaucoup plus répandus donc forcément moins chers.
Le carnet reste à proximité de l’accueillante : pas de risque de perte de badge, moins de manipulations.
Avec un carnet bien organisé, il ne lui faut que quelques secondes pour retrouver le code correspondant à l’enfant.
Et surtout, l’enfant ne porte rien donc, aucune automatisation possible et pas de mise en contact précoce avec une technologie qui peut s’apparenter aux techniques de biométrie.

Un problème dans le processus de décision :
Pour un sujet aussi délicat, il aurait été judicieux d’informer plus largement les parents avant de prendre cette décision.
De plus, il y a eu de la confusion dans le processus même de décision : normalement, la Commission Communale de l’Accueil devait voter avant le Conseil Communal, ce qui n’a pas été le cas.
Plus grave : Les membres du Conseil Communal ont voté en pensant que la Commission Communale de l’Accueil avait déjà rendu un avis favorable et quand celle-ci (CCA) a voté quelques jours plus tard, la décision était donc déjà prise par le Conseil, ce qui a complètement faussé les votes.


Conclusion

Je déplore donc cette décision d’intégrer l’utilisation de ces puces électroniques à l’école et je la conteste.
J’espère encore que l’on puisse trouver une solution acceptable, dans l’intérêt de tous à court, à moyen et à long terme.
Je vous en fais la demande, monsieur l’échevin de l’enseignement

 

NB : Pour ce qui est de l'école d'Emines, la réunion est passée, on passe donc à autre chose. Je laisse le blog en place comme support de réflexion pour les autres... Faites-vous votre opinion.

 

14:41 Écrit par Jean Louyest (un parent d' dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

[b]Voilà un sujet qui fâche et qui pose de solides questions éthiques![/b]
[i]"Big brother is watching you"[/i]

Deux points nous semblent importants:

[b]1. La communication[/b]
Les seules informations que nous avons reçues proviennent de la presse écrite.
Nous ne savons pas si des rencontres entre parents et l'échevin on été organisées.
Nous n'avons reçu aucune invitation, aucune information à ce sujet.

[b]2. D'autres solutions?[/b]
Oui, pourquoi pas l'informatique.
Exemple, Un encodage fait directement par les personnes chargées de la surveillance des garderies.
Les Pc étant reliés par réseau à celui de la personne chargée, à la commune, d'établir les factures.
Nous ne sommes pas informaticien, mais nous pensons que cela est tout à fait réalisable.

Alain Degehet et Maria-Anne Mathieu
(Parents d'un élève de l'école d'Émines)

Écrit par : Alain Degehet | 04/09/2008

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