05/09/2008

La réunion

 

Il est minuit. Je rentre de cette réunion d’information traditionnelle de début d’année à l’école de mes enfants.

L’occasion de faire le point. A chaud.

L’idée de cette lettre ouverte (post du 1er septembre) puis de ce blog m’est venue lundi.
Comme je déposais mes enfants pour la première fois de l’année à leur école, je me suis rendu compte que ce sujet qui me prenait tant la tête depuis un mois (l’encodage du temps de garderie à l’aide d’un système de badges accrochés aux cartables) était passé quasi inaperçu mais que dès que j’entamais la discussion sur le sujet, des yeux s’allumaient.

J’imaginais déjà la réunion d’accueil avec l’échevin se passer comme une lettre à la poste, sans débat puisque sans information : difficile de se prononcer sur une décision de façon réfléchie au moment même où on apprend une nouvelle.
Je me suis donc mis en tête d’informer un maximum de parents des enjeux que j’estimais important autour de cette décision. Juste pour qu’ils aient eu le temps de s’informer pour pouvoir en débattre si besoin. La politique, c’est l’affaire de tous, encore faut-il être informé. C’est ma conception de la citoyenneté. Ca ne se commande pas.

Là, précision nécessaire et importante : cette initiative est personnelle. Elle n’a strictement rien à voir avec le mouvement Ecolo dont je suis simple membre par ailleurs et qui s’est exprimé sur la question en juillet, un point c’est tout.

J’écris donc ma lettre, l’affine, me documente, cherche des infos et rassemble tout cela sur ce blog. Je l’envoie au Conseil Communal. Je distribue quelques exemplaires de ma lettre sans trop en faire. Je me dis que si ça ne prend pas, c’est que ça n’intéresse pas et que je peux retourner râler dans mon coin en silence.

Le compteur du blog tourne, des réactions arrivent, diverses, certaines surprenantes.

La réunion.

L’échevin décrit le système. Pas de souci. Tout le monde est d’accord sur le principe : respecter le contrat avec la Communauté Française pour garder les subsides et éviter à quiconque un travail idiot d’encodage pour se concentrer sur le pédagogique.

La situation se tend quand les puces, enfin les badges arrivent sur le tapis. Certains ne veulent pas en entendre parler, d’autres veulent juste en éviter le contact avec leurs enfants, une autre partie ne voit pas le mal et le reste s’en fout.

Ça a parfois chauffé un peu mais nous sommes resté dans un dialogue. Ça en passionne certains, ça emmerde les autres. Les débats c’est souvent comme ça.

Finalement les accueillantes proposent de conserver les badges des “récalcitrants”, comme ça, les enfants ne les portent pas. Elles chercheront un moyen de classement efficace pour que ça ne leur prenne pas plus de temps. Ça semble convenir. On essaiera.

En attendant, quelque chose de nouveau, de pas anodin entre dans “notre” école et nous avons eu l’occasion d’en parler avant. C’est le principal pour moi. Le seul regret que j’ai est que cette réunion n’a pas eu lieu plus tôt. Avant la décision. Là, ce n’était pas le meilleur moment.


Une décision ne peut pas contenter tout le monde mais tant qu’on peut aménager, de grâce, aménageons. N’ayons pas peur du débat.

 

02:03 Écrit par Jean Louyest (un parent d' dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/09/2008

Article de presse paru dans Le Soir du 4 septembre 2008

Le Soir - 2008-09-04 nb

 

 

 

 

09:43 Écrit par Jean Louyest (un parent d' dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/09/2008

Des puces électroniques sur les cartables… je préférais encore les poux à l’école.

 

Cette année, un système utilisant des puces électroniques est mis en place dans les écoles de La Bruyère pour comptabiliser le temps de garderie.

Chronologie :

Depuis que le temps de garderie est comptabilisé par quarts d’heure, le travail des gardiennes s’est considérablement alourdi. Le travail d’un mi-temps est nécessaire à la commune pour encoder tout cela pour la facturation. Une demande a été introduite à l’administration communale pour trouver une solution. Une réflexion est mise en place, une solution proposée : pendre un badge à puce (technologie RFID) au cartable des enfants. Ils doivent désormais passer près de l’accueillante avec leur cartable pour faire scanner leur badge avant de partir.
Du point de vue pénibilité du travail des accueillantes et de l’encodage des données, l’objectif semble atteint.

Alors, où sont les problèmes ?


Un problème éthique :
Certes cette solution est séduisante, très “In”, très “High Tech” et assez pratique mais elle constitue un pas trop enthousiaste dans une direction qui pourrait se révéler dangereuse à long terme.
Je ne doute pas un instant de la bonne volonté des décideurs qui ont cherché à améliorer une situation mais comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Il est donc nécessaire de faire attention où on met les pieds.
Nous vivons dans un monde de plus en plus global, où les informations circulent de plus en plus vite, où une décision prise à un endroit peut influencer de futures décisions.

L’effet pervers de cette décision est le suivant : habituer des enfants dès leur plus jeune âge, dans un cadre scolaire de surcroît, à la présence de “marquage électronique” mène à une banalisation de ce procédé à long terme. (C’est d’ailleurs la volonté de l’industrie électronique et numérique cfr Le Livre Bleu du Gixel paru en 2004)

Comme pour beaucoup de choses, l’utilisation de puces électroniques n’est pas dangereuse en soi : c’est l’utilisation qu’on peut en faire qui pourrait un jour menacer nos libertés individuelles. Aujourd’hui, si l’utilisation du procédé semble raisonnable, qu’en feront d’autres ?

Un problème de coût et d’efficacité :
10000€ pour installer le système à La Bruyère, amorti en un trimestre, dit-on sur le site de la commune. Quelle sera l’affectation du mi-temps épargné ?
2€ par puce en cas de perte (nous connaissons nos enfants).

Si la volonté est de conserver un mode de comptabilisation plus précise des heures de garderie, d’autres solutions au moins aussi efficaces et bien moins coûteuses existent.
Un exemple : l’utilisation d’un carnet à code-barres plastifié et un lecteur de codes-barres. l’impression et la plastification des codes-barres ne coûte que trois fois rien, et les lecteurs de codes-barres sont beaucoup plus répandus donc forcément moins chers.
Le carnet reste à proximité de l’accueillante : pas de risque de perte de badge, moins de manipulations.
Avec un carnet bien organisé, il ne lui faut que quelques secondes pour retrouver le code correspondant à l’enfant.
Et surtout, l’enfant ne porte rien donc, aucune automatisation possible et pas de mise en contact précoce avec une technologie qui peut s’apparenter aux techniques de biométrie.

Un problème dans le processus de décision :
Pour un sujet aussi délicat, il aurait été judicieux d’informer plus largement les parents avant de prendre cette décision.
De plus, il y a eu de la confusion dans le processus même de décision : normalement, la Commission Communale de l’Accueil devait voter avant le Conseil Communal, ce qui n’a pas été le cas.
Plus grave : Les membres du Conseil Communal ont voté en pensant que la Commission Communale de l’Accueil avait déjà rendu un avis favorable et quand celle-ci (CCA) a voté quelques jours plus tard, la décision était donc déjà prise par le Conseil, ce qui a complètement faussé les votes.


Conclusion

Je déplore donc cette décision d’intégrer l’utilisation de ces puces électroniques à l’école et je la conteste.
J’espère encore que l’on puisse trouver une solution acceptable, dans l’intérêt de tous à court, à moyen et à long terme.
Je vous en fais la demande, monsieur l’échevin de l’enseignement

 

NB : Pour ce qui est de l'école d'Emines, la réunion est passée, on passe donc à autre chose. Je laisse le blog en place comme support de réflexion pour les autres... Faites-vous votre opinion.

 

14:41 Écrit par Jean Louyest (un parent d' dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |